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Projection de “La Nouvelle Aventure Mobile” : une soirée riche en échanges

Jeudi 28 mai, nous avons eu le plaisir d’organiser au café associatif kawa-nhan une soirée projection-débat autour du documentaire « La Nouvelle Aventure Mobile » du vélo reporter Jérôme Zindy. Une rencontre riche en découvertes, en échanges et en idées concrètes pour imaginer des mobilités plus sobres, plus humaines… et plus joyeuses.


Découvrir la mobilité autrement

Le documentaire nous emmène à la rencontre des pionniers des hicules Intermédiaires Légers, aussi appelés VELI. Ces véhicules hybrides entre le vélo et la voiture proposent une autre manière de se déplacer : plus légère, moins énergivore et adaptée aux trajets du quotidien.

Eric membre de l’association, test ici le véhicule utilitaire de Midipile

Et pas seulement pour les trajets courts ! Pour réaliser son film, le journaliste et réalisateur Jérôme Zindy a parcouru plus de 3 000 kilomètres à bord d’un QBX Sorean, en pédalant à travers la France pour aller à la rencontre des concepteurs, entrepreneurs et utilisateurs de VELI. Au fil de son périple, il découvre des solutions de mobilité innovantes, situées entre le vélo et l’automobile, conçues pour répondre aux besoins de déplacement tout en consommant beaucoup moins d’énergie et de ressources qu’une voiture classique.

À travers ses rencontres et ses essais, Jérôme Zindy montre qu’une autre mobilité est possible, capable de répondre aux grands défis de notre époque. Face au changement climatique, à la raréfaction des ressources, à la dépendance aux énergies fossiles et à l’augmentation du coût des déplacements, les VÉhicules Intermédiaires Légers proposent une voie à la fois sobre et désirable. Ils apportent également une réponse à des enjeux de santé publique souvent sous-estimés : la pollution de l’air causée notamment par les particules fines issues du trafic routier, mais aussi la sédentarité qui progresse dans nos sociétés. En associant assistance électrique et activité physique modérée, les VELI permettent de transformer une partie du temps passé à se déplacer en temps bénéfique pour la santé.

Mais leur potentiel va bien au-delà du simple véhicule. En occupant moins d’espace sur la chaussée et au stationnement, les VELI pourraient contribuer à redessiner nos villes et nos villages. Moins d’embouteillages, moins de surfaces consacrées au stationnement des voitures, davantage d’espace pour les piétons, les espaces verts, les terrasses, les jeux d’enfants ou les lieux de rencontre. Ce sont aussi des rues plus apaisées, débarrassées d’une grande partie du bruit des moteurs, où il devient plus agréable de vivre, de se promener et d’échanger.

À travers les VELI se dessine ainsi une vision positive de la transition : des déplacements plus adaptés aux besoins du quotidien, des habitants en meilleure santé et des espaces publics rendus à la vie locale. Une mobilité qui ne consiste pas seulement à changer de véhicule, mais à imaginer des territoires plus conviviaux, plus résilients et plus agréables à vivre pour tous.

Ce voyage s’inscrit dans la dynamique de l’« Extrême Défi », une initiative portée par l’ADEME et impulsée par Gabriel Plassat, qui vise à encourager le développement de véhicules sobres, accessibles et adaptés aux enjeux de la transition écologique. Le film met notamment en lumière différentes initiatives et constructeurs comme Midipile, La Bagnole de Kilow, L’urbaner de HPR Solutions, la Biro, la Weez, le Karbikes ou encore les projets portés par l’association In’VD (Innovation Véhicules Doux). On y découvre également les réflexions d’ingénieurs, d’entrepreneurs, de chercheurs et d’usagers qui imaginent la mobilité de demain.

Deux philosophies pour un même objectif

Le documentaire montre bien qu’il existe aujourd’hui deux grandes approches dans la conception des VELI.

D’un côté, certains véhicules s’apparentent à des voitures réduites à leur plus simple expression. Ces quadricycles minimalistes conservent un certain confort automobile tout en supprimant le superflu : poids réduit, vitesse limitée, faible consommation énergétique. Grâce à cette sobriété, ils peuvent fonctionner avec des batteries jusqu’à dix fois plus petites que celles d’une petite citadine électrique classique.

De l’autre côté, on retrouve des vélos “augmentés”, pensés pour rester proches de l’univers du cycle tout en gagnant en praticité. Certains proposent plusieurs places passagers, des espaces pour transporter de la marchandise, un siège plus confortable qu’une selle classique ou encore un habitacle léger protégeant des intempéries. Ces solutions permettent aussi bien d’accompagner des enfants à l’école que d’effectuer des livraisons ou des déplacements professionnels.

Ces différentes approches dessinent finalement un véritable chaînon manquant entre le vélo et la voiture. Elles ouvrent la voie à une mobilité plus adaptée aux usages réels du quotidien, sans dépendre systématiquement de véhicules lourds et surdimensionnés.

Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet des véhicules intermédiaires, nous vous invitons également à consulter le travail de Bon Pote, qui propose plusieurs articles très accessibles sur ces nouvelles formes de mobilité.

Merci aux Shifters bordelais

Nous tenons également à remercier chaleureusement les Shifters de Bordeaux & N.A pour leur présence lors de cette soirée.

Les Shifters sont les bénévoles associés au The Shift Project, le think tank fondé par Jean-Marc Jancovici qui œuvre pour une économie libérée de la contrainte carbone. Leur travail de sensibilisation et de diffusion des enjeux énergie-climat est précieux pour nourrir le débat public.

Les échanges avec les Shifters sont particulièrement importants pour des associations locales comme la nôtre. La transition écologique a besoin à la fois d’une vision globale des enjeux et d’actions concrètes à l’échelle des territoires. C’est précisément dans cette complémentarité que naît une culture commune de la transition : comprendre les défis, mais aussi expérimenter localement des solutions accessibles et positives.

Ici: le Formidable de Gallian, un vélo cargo atypique créé par une entreprise basée près de Rennes. Il s’agit à la fois d’un bimoteur avec une caisse à l’avant et doté d’un porte bagage renforcé de longtail. Ce qui offre une capacité de 4 places enfant en plus de l’adulte qui pédale.

Des échanges conviviaux… et des idées concrètes

Après la projection, la soirée s’est poursuivie autour d’un moment d’échange convivial consacré aux alternatives à l’automobile individuelle.

Très vite, les discussions se sont tournées vers l’association In’VD, Innovation Véhicules Doux, présentée dans le film ‘La nouvelle aventure mobile’. Une idée forte a émergé des échanges : pour faire connaître les VELI, il faut que les habitants puissent les voir circuler et les essayer concrètement.

Car ces véhicules restent encore méconnus. Pourtant, ils pourraient répondre à de nombreux usages du quotidien : un boulanger faisant une tournée pour vendre son pain, un artisan effectuant ses déplacements professionnels, une famille déposant les enfants à l’école, un maraîcher livrant ses paniers, un agent communal réalisant des interventions locales ou encore une association proposant des ateliers de réparation vélo avec son atelier mobile.

Les essais en conditions réelles sont essentiels pour montrer qu’une mobilité plus légère n’est pas un retour en arrière, mais au contraire une évolution pragmatique, conviviale et adaptée aux enjeux de notre époque.

Portés par l’énergie de la soirée, les membres de Léognan en Transition sont repartis avec une volonté claire : identifier et activer des leviers concrets pour implanter les VELI sur notre territoire. Parmi les pistes déjà engagées, l’association envisage notamment l’auto-construction d’un Vhélio, ainsi que la poursuite des échanges avec la Communauté de communes de Montesquieu, déjà amorcés dans le cadre du Club Climat, afin d’encourager la collectivité à s’équiper de ces véhicules utiles aussi bien pour les agents que pour les habitants.

Vers une culture de la mobilité active dès l’enfance

Certaines collectivités montrent déjà la voie avec des dispositifs de vélobus ou de pédibus pour le ramassage scolaire. Des groupes d’enfants rejoignent l’école ensemble à vélo, accompagnés par des adultes, dans un cadre sécurisé et convivial. Dans l’agglomération Seine-Eure, le succès est tel qu’elle à investi dans 40 Woodybus.

Au-delà de la réduction du trafic automobile, ces initiatives ont de nombreux bénéfices : elles favorisent l’activité physique, développent l’autonomie des enfants et améliorent leur santé au quotidien.

Mais elles contribuent aussi à créer une nouvelle culture de la mobilité. Des enfants qui grandissent en découvrant qu’il est normal, agréable et pratique de se déplacer autrement qu’en voiture seront naturellement plus sensibles, à l’âge adulte, à l’impact carbone de leurs déplacements.

La transition ne se résume pas à une contrainte technique ou énergétique. Elle peut aussi être une aventure collective, porteuse de lien social, d’innovation locale et d’une autre manière d’habiter nos territoires.

Soutenir le développement de la filiale des VELI

Cette soirée a aussi été l’occasion d’évoquer la pétition citoyenne déposée à l’Assemblée nationale en faveur des véhicules intermédiaires légers (VELI). Cette initiative demande une meilleure reconnaissance de ces véhicules dans la loi, avec des aides adaptées, un cadre réglementaire plus clair et un soutien à l’industrialisation d’une filière française déjà en plein développement. La pétition rappelle que les VELI représentent une réponse concrète aux enjeux climatiques, sociaux et énergétiques : des véhicules sobres, réparables, accessibles et adaptés aussi bien aux territoires ruraux qu’aux déplacements du quotidien. Une démarche cohérente avec les échanges de la soirée, qui montre que des alternatives crédibles au tout-voiture existent déjà et méritent désormais d’être mieux connues et soutenues.

La pétition est accessible sur le site de l’Assemblée nationale : Consulter la pétition sur les VELI « Pour des véhicules du quotidien abordables et légers« 




Autre possibilité pour l’autoconstruction: créer des vélo avec un cadre en bambou comme ce trike.

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